La cieles planches du salut est desormais en résidence permanente au Mas Razal, dans la commune de Nant, Aveyron.
Partir
vers d'autres horizons, vers les nuages qui dansent, vers un autre plateau…
Surtout sauter sur l'occasion que le hasard nous offre.
Et bien, ce Plateau sera celui du Larzac !
En ayant découvert un lieu magique posé sur un vide de soixante mètres mais soutenu par la roche pleine de mystères et mémoires très anciennes, Les Planches ont salué les Paluds de Noves pour voler vers le nouveau rêve.
Un rêve devenu projet Un projet devenu concret
Voici les planches du salut au Mas Razal, devenu un Tiers Lieu (comme le Tiers Ordre de François d'Assise ? Ou le Tiers Théâtre de Eugenio Barba ?).
Lieu ou créer, proposer, assembler et rassembler, accueillir et inviter.
Lieu de départ de grandes mais si petites aventures vers le monde.
Comme la roche calcaire, lieu de concrétion concrète et éphémère, figurative et abstraite.
Le Mas Razal : un nouveau lieu pour une nouvelle terre en apparence aride, en vérité, d'une secrète fertilité. Une renaissance ?
Venez, venez donc !
Pour gouter le présent si vivant mais profond comme un aven, d'un théâtre riche par sa modestie, d'une musique tellement libre qui semble voler même à travers les orages et résonner dans les grottes.
Les Planches vous saluent et espèrent !
Jouer
Donner et recevoir c'est pour cela que le théâtre existe. Le Lien entre vous et nous. Comme un voyage d'empathie, mémoire d'ancien rituel qui n'appelle pas à la transcendance. Nous sommes là dans l'éphémère du présent.
les planches du salut se veulent modestes (géniales ? Au public de voir…), pas besoin d'apparats, de grandes scènes avec beaucoup de technique. On fait tout nous-mêmes, dans les bois, les jasses, les maisons et appartements, les garages, autres lieux, autres Tiers Lieux. Des petits espaces aptes à la transfiguration. Ben non, on ne coute pas cher, l'argent c'est un outil pas un but.
Notre vie et notre mission c'est la passion. On joue et déjoue le théâtre, la musique, la danse, la peinture. Le corps, les mots, les son, le pinceau sont notre terre. Comme des sorcièr-es on mélange fièrement en chantant notre potion magique !
...
Et, il y a bien des annés, je ecrivais ces mots qui resonnent encore !
:
La cieles planches du salut porte le théâtre comme un manifeste, son langage comme le fruit d'une constante recherche et sa méthode qui évolue, comme outil.
Les planches sont celles d'un radeau ballotté par les flots de la réalité.
Le salut est l'invention d'un autre espace-temps que la projection du public fait vivre.
On espère la magie.
...comme une connaissance
qui sombre vers nous de cette réalité,
au point qu'un instant, emportés par l'élan,
nous jouons la vie, sans penser aux applaudissements
Rainer Maria Rilke
Du questionnement de l'être et du positionnement de l'artiste dans la cité, surgit le poète.
La méthode se veut au service de la poétique. Elle ne garantit rien mais invente, s'il le faut, un nouveau langage, d'autres modèles et référents.
Le sensible est cette scène pour la quelle nous sommes
Vivants.
un micro-théâtre
une petite compagnie
un travail rigoureux et libre
des spectacles modestes et riches
des corps, des mots, des sons, des lumières
Comment expliquer un nom
C'est de l'humain qu'il s'agit. Des humains qui s'adressent aux humains mais en parlant cet autre langue qui fait appelle aux tréfonds et aux origines du sacré.
Il faut s'exclure du social. On peut, bien sur, citer la Polis (la Citè) ou le citoyen, on peut tout citer. Il peut s'agir de messages, leçons de morale. On peut tout mettre dans la même boite.
Mais la boite noire, elle, n'existe pas dans les règles de la vie commune.
Dans la Cité il y a maintenant des théâtres : bâtiments fermés (sarcophages) qui
protègent l'écrin ou tout peut arriver. Tout peut nous arriver, arriver à nous, grâce
à nous, dans nous. Je suis en train de parler du public ou, pour être plus précis,
de l'assistance : le vrai faiseur de théâtre. Nous, les artisans, nous sommes
faiseurs de scène. Nous nous construisons, convoquons et faisons apparaitre, le
radeau. La mer et le vent ce sont les spectateurs. En contradiction avec tout
l'apparat concret et technique qui fait en sorte qu'il puisse apparaitre, ce Radeau
de la Méduse est prêt à sombrer à chaque instant.
Quelle fragilité ! Et pourtant c'est bien cet éphémère, ce virtuel et cette magie
que les gens assis en face, venant de leur vie sociale, cherchent et appellent
parfois.
Quelle responsabilité ! Et pourtant il ne faut pas ni céder à l'angoisse, ni charger
de poids, de garanties et de sécurité, ce plateau.
Ce n'est pas un tableau figé par sa nature cadré, mais un radeau censé sauver les
naufragés.
Et plus le Titanic du monde fera naufrage, plus nous aurons besoin des
planches du salut
Stefano Fogher